
C’est l’un des féminicides les plus médiatisés du début des
années 2000. Le 1er août 2003, l’actrice
Marie Trintignant est morte sous les coups de son compagnon, le
chanteur Bertrand Cantat. Selon le rapport d’autopsie, le
chanteur de 39 ans l’aurait frappé à de multiples
reprises, lui infligeant notamment une fracture du nez,
des lésions internes et un œdème cérébral.
À l’époque, la France entière était tombée des nues en
découvrant le côté sombre de la star de Noir Désir. Pourtant,
les proches de ce dernier savaient la violence qui
l’habitait. Dans la mini-série « De rockstar à tueur Le
cas Cantat », disponible sur Netflix depuis le 27 mars 2025, la
journaliste Anne-Sophie Jahn raconte avoir
découvert que Bertrand Cantat était un homme violent bien avant de
s’en prendre à Marie Trintignant.
« Il me dit : ‘Évidemment, Bertrand Cantat a été
violent avec Krisztina Rády »
Journaliste assignée à l’affaire Trintignant-Cantat à l’époque,
Anne-Sophie Jahn explique avoir longuement enquêté sur le passé du
chanteur. Afin de le protéger, l’intégralité de ses proches niait
alors toute tendance violente chez Bertrand Cantat. Mais un jour,
l’un des membres du groupe Noir Désir a brisé
l’omerta.
« Après des mois de difficultés, je m’apprête à jeter
l’éponge et là, un des membres du groupe Noir Désir accepte de me
voir, accepte de me parler, raconte la journaliste dans la
mini-série Netflix. Je le rencontre dans un café désert. Il
s’assied à côté de moi, je lui demande si Bertrand Cantat a déjà
été violent avant la mort de Marie Trintignant. Il me
dit : ‘Évidemment, Bertrand Cantat a été violent avec
Krisztina Rády avant la mort de Marie
Trintignant.’ »
Avant Marie Trintignant, Bertrand
Cantat aurait violenté plusieurs de ses compagnes
Après des années de silence, le musicien lui aurait dit toute la
vérité, déclarant que Cantat se serait montré violent avec son
ex-femme, Krisztina Rády, mais aussi avec ses précédentes
compagnes. « Il me cite même deux noms de femmes, deux de ses
petites amies, qui auraient été battues avant Krisztina
Rády, précise Anne-Sophie Jahn. L’une en 1989,
Bertrand Cantat a essayé de l’étrangler, elle est partie. Il me dit
aussi ‘Il est manipulateur et toxique’. Lui me dit qu’il y
a eu une décision collective de la part du groupe Noir Désir et de
Krisztina Rády de mentir, de couvrir les actes violents de Bertrand
Cantat. Et en fait, quand on refait le film, on comprend
que ce témoignage confirme que Bertrand Cantat a réussi à cacher
cette violence à tout le monde. Les juges, la presse, les
policiers… »
Trahi par le
rapport d’autopsie de Marie Trintignant, Bertrand
Cantat a été reconnu coupable de son meurtre et condamné à
huit ans de réclusion criminelle. Il a été libéré en 2010.
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